Mon nouveau Blog est en ligne

On finissait par ne plus y croire mais mieux vaut tard que jamais. Mon nouveau blog est enfin en ligne. J’aurais aimé un peu perfectionner un certains nombres de points mais un tiens bon vaut mieux que deux tu l’auras. Et puis la patience est la mère des vertus.

Pour ce nouveau Blog :

Voici l’adresse à retenir : http://www.jcdardart.fr/

PS: pour les expressions populaires en introduction, c’est un effet volontaire ;)

La fin d’un chapitre, le debut d’un autre

fin

Vous avez sans doute remarqué un ralentissement non négligeable dans la publication de ce blog. En effet, la thématique qui a animé cet espace jusqu’à présent ne me semble plus pertinent du point de vue qui est le miens, vous l’aviez deviné j’espère : celui de la psychanalyse. Le titre de ce blog ne laisse aucune ambiguïté là dessus. Et pourtant …

Il est primordiale de comprendre un point crucial, à la rigueur, le seul qu’il faille retenir. Ce qui fait la spécificité de la psychanalyse ce n’est absolument pas un jargon ni même une référence à Freud et ses descendants mais une façon d’entendre et d’interpréter un discours à l’endroit même où il y a une demande. Une demande qui est elle même spécifique plus exactement toujours et intrinsèquement unique et singulière. Autrement dit un patient vient et attend quelque chose de son thérapeute qui est de l’ordre d’un questionnement. C’est de cette place où la psychanalyse agit. Il n’y a ainsi d’effet de vérité que dés lors où l’on est mis à une place de celui qui va apporter un savoir sur le patient. En résumé, c’est parce que le patient met son thérapeute à une place de sujet supposé savoir que ce dernier à un quelconque crédit. Il ne serait en être autrement. Pour finir, il y a deux choses à saisir dans ce propos :

  1. On part d’une pratique.
  2. Il ne peut y avoir de vérité générale mais uniquement des significations singulières pour un sujet qui demande à un psychothérapeute de l’aider à en trouver le sens. Et c’est parce que le sujet fonde cet espoir en son thérapeute que ce dernier peut faire quelque chose de signifiant.

Ce qu’on nomme “l’éthique de la psychanalyse” peut se comprendre donc ainsi.

Âprement je dois avouer que mes écrits étaient tout sauf de la psychanalyse. Est-ce là que se situe ce que Jack_Addi appelait, dans un commentaire récent, une faille dans le contenu de ce blog ?

Ce clos lá un chapitre qui heureusement en annonce un autre. J’ai pour projet maintenant d’ouvrir un nouveau blog qui sera davantage appuyé sur ma pratique de clinicien. Sans pour autant exposer des situations cliniques (respect de la confidentialité), elles seront toujours en toile de fond de mes propos : de la théorie basée sur ma clinique. Vous serez évidement informé en tant et en heure de son ouverture et de son adresse.

Ce blog est compatible mobile

Psychanalyse et Internet est désormais compatible avec les smartphones, PDA et autres iPhones et dérivés. Contrairement aux antibiotiques, c’est automatique. Si vous naviguez depuis ces joujoux, le thème pour mobile sera automatiquement sélectionné.

touch 2

Il vous est évidement possible de repasser en mode web normal en cliquant sur “view full version“.

touch landscape

Cet exploit est rendu possible par la bonté d’un plugin prénommé d’une manière certes peu poétique mais ô combien explicite : MobilePress. Un grand merci á lowett de Geekette et Greluche pour cette découverte.

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Test de l’application iphone

Bonsoir juste un billet rapide pour tester le logiciel permettant de gérer son blog depuis un iphone/iPod touch.

Oui on est geek ou on ne l’est pas XD

Seesmic ou l’image partagée de soi active

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Pour ce qui ne connaisse pas Seesmic, il s’agit d’un service en ligne de conversation par webcam : on voit et on entend son interlocuteur. Il est possible de participer et échanger en publique ou d’envoyer des vidéos privées. C’est d’ailleurs à mon sens un point essentiel des groupes en ligne que d’avoir la possibilité de la sphère publique et de la sphère privée. En effet tout ne peut être dit publiquement. Mais l’objet de cet article n’est pas là. En effet, si j’écris cet article c’est pour développer un aspect qui s’appuie sur deux axes théoriques majeurs : le stade du miroir de Lacan et la reprise qu’en fait Serge Tisseron dans Psychanalyse de l’Image : Des premiers traits au virtuel ( ed. Dunod) à travers sa notion d’illlusion d’un plaisir partagé d’une image. Bien sûr, il y a bien d’autres aspects qu’il seraient intéressant à développer comme dans cet article de Yann Leroux qui insiste sur la question groupale et les enjeux de séparation.

Il est toujours fascinant de se rendre compte de la pertinence d’une théorisation même des années après sa lecture. Et c’est le cas pour les théories de l’image que développe Serge Tisseron . J’ai ainsi relu un chapitre intitulé : “L’image comme enveloppe intersubjective : l’illusion de l’image partagée” (pp. 168-172) qu’on trouve dans l’ouvrage cité plus haut. Dans cette partie l’auteur revient sur les apports théoriques de Lacan à propos du stade miroir. J’ai régulièrement aborder ce texte ici même. Vous pouvez d’ailleurs vous reporter à la vidéo qui en résume les principaux axes. Je ne vais donc pas revenir dessus mais davantage m’appuyer sur les points que Tisseron reprend et développe :

Ce dernier nous invite à prendre en considération deux aspects qui se dégage du stade du miroir et qui se continuent dans nos rapports aux images ultérieurement : le fait qu’autour de ses 18 mois, le nourrisson se voit dans le miroir comme un tout. Mais également le fait que c’est la présence d’un Autre (en général la mère ou son substitut) qui garantie par son regard cette identification à un tout et qui confirme l’expérience. Sans oublier la présence du langage par le fait que cet Autre va nommer le fait qu’il s’agit bien de l’image du nourrisson (« mais c’est toi »). Il découvre ainsi qu’il est un tout différencié de la mère, Mais aussi il découvre l’image de cet Autre qui confirme l’expérience. Donc l’enfant voit à la fois son image mais aussi cette image en tant qu’elle est partagée avec cet Autre dans le miroir. C’est alors sur ce mode que les images continueront d’assoir l’assurance d’une forme et que celle-ci soit partagée. On retrouve particulièrement ce double processus au cinéma :

“En effet, le caractère collectif de la projection dans la technique des frères Lumière permet à chaque spectateur d’appréhender en même temps l’illusion d’un spectacle auquel il se plaît à croire le temps de la projection et celle d’un espace de rêve partagé avec d’autres.” (p.170)

Selon les personnes ou les films ça sera soit la caractère narcissique qui prédominera : “image qui me correspond, qui me parle particulièrement à moi”. Qui correspond en fait à des projections d’images internes et psychiques. Ou bien ça sera l’illusion que cette image procure un plaisir partagé par d’autres spectateurs dans la même salle.

« En ce sens, la “bulle” dans laquelle le spectateur de cinéma s’enferme est tantôt réduite aux limites de son corps et de son fauteuil et tantôt agrandie aux dimensions de la salle et de l’image qui enveloppe l’ensemble des spectateurs » (p.170)

Ainsi, en suivant ce modèle toute image faisant écho à nos images psychiques s’appuient en premier chef sur l’image de nous-même dans le miroir qui représente une identification primordiale de notre image du corps. Mais cette image est une image de nous-mêmes qui est partagée avec un Autre et qui du coup est aussi l’image de nous même vu par l’Autre. Autrement dit on se voit tel qu’on suppose que l’Autre nous voit. Ceci signifie concrètement qu’on suppose chez autrui un regard qui est d’abord le notre, c’est à dire que la façon dont en pense que autrui nous voit c’est d’abord le regard qu’on pose sur nous même et qu’on suppose chez autrui. Il est important de distinguer les autres et autrui de ce que Lacan appelle L’Autre ou grand Autre. Tout s’adresse à ce grand Autre mais pour cela l’on passe par notre rapport à autrui. Ce qu’on appelle l’axe du miroir, l’axe imaginaire ou encore l’axe a-a’.

A partir de ses jalons théoriques dégageons les spécificités de seesmic. L’enregistrement d’une vidéo se fait en 2 temps :

  1. On enregistre la vidéo en se voyant à l’écran.
  2. On valide la vidéo : il est possible de se revoir et de recommencer. Certains envoie directement, d’autres vérifient et recommencent éventuellement.

Par ailleurs il est utile de préciser qu’une vidéo enregistrée est soit une réponse à une (ou plusieurs) vidéo, soit une vidéo qui attend une réponse. On s’adresse alors au groupe. A d’autres moments à un ou des membres précis.

Tournée vers autrui la vidéo se crée face à un écran. Certains regardent l’écran au moment de la création, d’autres que la webcam ou encore en regardant ailleurs. Il est important de noter que selon ce jeu de regard, les vidéos ne s’enregistrent pas selon les mêmes dispositions psychiques. Mais dans tout les cas c’est toujours son image qui passe par une webcam puis qui est recueillie dans un écran (un cadre donc), qui est partagée. Ainsi le dispositif de seesmic se rapproche plus du dispositif originale de l’image partagée (stade du miroir) que le cinéma par exemple.

Cette image de nous-même que nous prêtons à autrui ce trouve renforcée donc par le fait qu’une image commune est partagée et que cette image c’est la notre telle que nous pensons être l’image que autrui voit de nous même. Autrement dit nous sommes complètement dans le complexe du miroir où l’image que nous avons de nous-même coïncide en ce cas avec celle que nous pensons montrer à autrui. La spécificité de seesmic est que c’est une image qui se concrétise par une vidéo qui suscite une réaction. Selon les réponses cette image sera confirmée ou infirmée. Dès lors soit l’assurance d’une assise identitaire sera renforcée soit une rectification pourra se produire : « je me suis mal fait comprendre ». Ainsi, il y a cet aspect primordiale de l’actif et de l’interactif : agir pour soutenir et authentifier cette image. En d’autres termes il s’agit d’attendre de l’autre qu’il confirme cette image qu’on donne à voir. L’autre par ces réactions va alors permettre de garantir le sentiment de réalité de cette image. Ou au contraire on pourra attendre de lui à ce qu’il lève une crainte : contredire une mauvaise image. Par cette dimension active, interactive et réactive de l’image partagée, il est ainsi possible de trouver soutien : confirmer une image de soi satisfaisante, contredire une image mauvaise de soi.

Par ailleurs c’est bien parce que ce sont des images qui ont un sens passant par les mots, la voix, les intonations et les expressions du visage, que ce qui se partage est bel et bien authentifié et assuré. En effet, que serait seemic sans la voix, le visage et le regard de autrui ? N’oublions pas que le service se nomme seesmic : le regard (to see) et la voix (microphone). Nous pourrions aisément ouvrir une piste de réflexion sur l’importance de l’enveloppe sonore qu’offre le dialogue en ligne prenant compte du micro.

De ce fait nous pouvons que souligner la pertinence de Winnicott lorsque celui-ci revenant sur le stade du miroir de Lacan, fait remarquer que le premier miroir c’est le regard, le visage et la voix de la mère que le nourrisson décrypte afin d’établir précocement l’image qu’il peut renvoyer.

Mini cours en vidéos : le stade du miroir

Depuis quelques temps je pensais à faire des vidéo-posts pour mes articles. Mais hélas le résultat était toujours trop long. C’est pour cela que j’ai décidé de faire des mini-cours en vidéo, de points théoriques que j’aborde souvent. Le but est de faire court et se veut pédagogique : elles se destinent à un plus large publique que celui des psychologues ou des étudiants en psychologie. Pour cette première vidéo, il y a pas mal de défauts mais j’ai préféré laisser le résultat en l’état pour garder un coté spontané et surtout cocasse des premières fois.

Cette première s’inaugure par une vidéo sur le stade du miroir de Lacan. Un texte que j’utilise très souvent ici :

Stadedumiroir
envoyé par jcdardart

Psygero : Forum des psychologues en Gérontologie

psygeroban

Il est toujours plaisant de voir arriver de manière inattendue sur la toile française un nouveau site de psychologie. Psygero est un forum dédié à tous ceux qui s’intéressent à un champs assez méconnu en France : la gérontologie et la psychologie. Si ce champs est très peu exploré dans le tronc commun de la formation des psychologues, il ne va pas pour autant de la motivation des psychologues qui se passionnent pour la gérontologie.

psygero

Ainsi Melody que vous avez peut-être déjà croisée dans les commentaires par ici a donc décidé d’ouvrir un forum consacré à son métier : c’est souvent dans les échanges qu’on apprend le plus. Et surtout longue vie à ce forum.

Une seule adresse :

http://www.psygero.com/

Le rôle nécessaire du boulet dans les forums

boulet

S’il y a bien une figure du net qui ne laisse pas indifférent l’internaute, c’est celle du boulet, sorte d’oiseau de mauvais augure qui gâche le plaisir des autres, faisant son entrée tonitruante et incongrue dans un lieu où il n’était point désiré. Tour à tour il énerve tout à chacun puis insiste au point d’en devenir navrant. Nous pourrions aisément en faire un figure de proue des grandes plaies des communautés en ligne au même titre que les spams. Et pourtant cet être inconvenant joue un rôle crucial dans le groupe

C’est dans une discussion avec Yann sur le blog Paradoxa puis sur twitter qu’il m’ait paru utile de préciser à propos de quel espace j’allais développer la réflexion qui va suivre. En effet me demandant si l’on pouvait identifier le boulet au bouc émissaire, les réponses de Yann m’ont fait penser que le boulet faisait œuvre dans des espaces de face à face (dans un jeu vidéo online par exemple) etc. contrairement au bouc émissaire qui est toujours désigné par un groupe. De plus s’il n’est pas toujours possible d’identifier clairement les actes qui font qu’un bouc émissaire en deviennent un, le boulet quant à lui est dans l’acte. Il est clairement identifiable par une série d’actes qui énervent tout à chacun et souvent avec insistance. Quels sont ces actes ?

Dans un forum, il y a des règles de convenances et civiques en plus d’obligations légales et juridiques. Si le règlement varie d’un forum à un autre, on retrouve tout de même très régulièrement :

Le boulet le plus souvent va enfreindre plusieurs de ses règles avec insistance. Le fait d’insister est important car il est possible pour un utilisateur d’enfreindre une fois ou deux ses règles mais s’excusera à la première remarque et corrigera le tir par la suite. Ainsi le boulet attaque en quelque sorte le cadre d’un forum. Et finira par être la figure d’attaque des autres membres Autrement dit si le bouc émissaire est une victime, le boulet est dans une première étape un bourreau qui devient par la suite une victime : comme me l’a précisé Yann le boulet peut-être une première étape avant de devenir bouc émissaire. En quelque sorte le boulet tend le bâton pour se faire battre. Il offre ainsi au groupe l’opportunité d’être agressif tout en s’assurant d’être dans son bon droit (« c’est lui qui a commencé et en insistant en plus »). Figure légitime à agresser au final le boulet offre l’opportunité de maintenir l’illusion groupale. Si l’on devait trouver une fonction psychique groupale du boulet c’est bien celle de focaliser la haine vers lui. En d’autre terme si tout le mauvais se projette vers un ou des objets, tout le bon demeure pour le reste du groupe. Ce mécanisme bien connu de la métapsychologie des groupes se nomme « clivage du transfert ». Ainsi ce qui peut exister de haine entre les membres du groupe est dérivé vers une ou des personnes. Il y a clivage car l’ambivalence haine/amour est coupé en deux. Il ne reste que l’amour pour les membres, la haine étant toute entière reportée ailleurs. Ce mécanisme de manière plus générale permet de maintenir l’illusion d’un groupe tout bon, sans défaut gênant : L’illusion groupale (Anzieu). Didier Anzieu fait du clivage une des conditions nécessaire au maintient d’une illusion groupale*

Nous avons ici affaire à une forme du boulet plutôt spécifique aux forums et aux forums les plus actifs je dirais. En effet Didier Anzieu pointe la nécessite d’un passage à l’illusion groupale pour qu’un sédiment entre les membres puissent se maintenir suffisamment longtemps pour pouvoir éventuellement s’en passer. La question du devenir d’un groupe passe par la sortie de l’illusion groupale où les mouvement de haines et d’amours ne seront non plus clivés mais acceptés envers le même objet. Si le web est un espace de régression qui sollicite très fortement des mouvements psychiques archaïques tant au niveau des angoisses, de leur défenses, que des processus mis en œuvres, alors la question qui reste en suspend c’est l’évolution vers des processus plus secondaires (où le principe de réalité domine sur le principe de plaisir).

L’autre question qui reste à prendre en compte c’est la raison pour laquelle le boulet accepte ce rôle et plus précisément pourquoi il décide de courir après ?

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*ANZIEU Didier, « L’illusion groupale : Un Moi idéal commun », in Le groupe et l’inconscient : l’imaginaire groupal, Dunod, coll. Psychismes, Paris, 1993, pp. 67-86.

BlogDay Post

Blog Day 2008

Aujourd’hui, c’est le BLogDay Post : le principe est simple parler de 5 blogs qui si possible n’ont pas encore été déjà cités. L’exercice n’est pas facile vu le grand nombre de blogs que je consulte quotidiennement. Le choix fut dès lors difficile à faire. J’ai donc opter pour la diversité thématique.

Le choix de Melle Eddie est un magnifique blog qui parle de musique. On y fait de belles découvertes et surtout sa plume est digne d’une chronique de RockandFolk. Beaucoup de talent.

“EPsychologie explore les monde numérique” nous dit Yann en préambule de son blog. Ceux qui lisent régulièrement mon blog ont sans doute plusieurs fois remarqué que je citais souvent ses billets Il   parle du web à la lecture de la psychanalyse depuis 2005. Cela ne vous rappellle-t-il pas quelque chose ? Eh bien oui j’avoue je ne suis pas le premier à avoir eu cette idée.

GDBLOG est un blog BD très drôle. Le principe est très efficace je trouve : un fait de l’actualité résumé puis une caricature. De belles tranches de rires en perpectives.

Le Blog de Daria parle du web et de Ubuntu principalement. Ce que j’aime dans son blog c’est sa convivialité  et l’ambiance très agréable des échanges dans les commentaires.

Roudoudou et petite bouclée est un blog BD relatant le quotidien d’un couple dans ses moments les plus hilarants. Plus beaucoup mis à jours mais pour moi c’est toujours un intense plaisir de découvrir une nouvelle planche.

Désolé pour ceux que j’aurais aimé citer mais la limite de 5 blogs m’a obligé à favoriser un blog par thématique.

Technorati Tag : BlogDay2008

Dieu le père en psychanalyse. Quoique !

dieu

Lors d’une lecture de malaise dans la civilisation (Freud 1929) mon attention fut retenu par cette hypothèse freudienne que le dieu monothéiste unique était d’essence paternelle. Autrement dit, la croyance en Dieu est une façon de questionner et mettre en scène le père. Et en croire la sacrosainte expression “Dieu le père” des chrétiens, on peut d’une certaine manière lui donner raison. Mais est-ce aussi simple ?

Freud en tant que Juif a bel et bien été élevé dans la culture hébraïque bien qu’il n’eut jamais vraiment reconnu l’influence de son judaïsme dans sa théorisation (exception faite peut-être dans Freud présenté par lui-même, 1924/1925). Et Pourtant l’art de l’interprétation du texte et du verbe fait partie de l’éducation spirituelle classique judaïque. Une des affirmations fortes concernant le Dieu des hébreux est celle de dire qu’au commencement était le verbe. Et que Dieu est davantage une instance nommante (les choses adviennent par leurs nominations) Ce dieu désigné par les 4 lettres du Tétragramme (YHWH) est aussi celui qui organise un Chaos. définit les règles et interactions. En ce sens il a fonction symbolique propre à la fonction paternelle telle que l’a définit Lacan. Néanmoins dans sa lecture psychanalytique de la Tora, Daniel Sibony (in lecture Lectures bibliques : Premières approches, 2007) précise que Dieu a plusieurs noms le deux principaux sont le Tétragramme (YHWH) et Elohym. Cette seconde acception désigne davantage un Dieu créateur, cause de la vie. Ainsi cette idée de donner la vie et de créer devrait à mon sens davantage être rattacher au maternel. Ainsi ce Dieu unique premier serait tout la fois maternel et paternel. Chez les chrétiens le maternel de Dieu fut d’abord refoulé (Dieu le père) puis déplacé vers une humaine : Marie. Ce déplacement s’opérant également sur ce qu’elle met au monde : Ce n’est pas le monde dont elle sera cause mais de son sauveur : Jésus. Si l’importance de la fonction maternelle demeure (mettre au monde le sauveur n’est pas rien) elle est inversée dans le temps : Elle arrive après le père. Pourtant dans des temps plus anciens les Déesses mères étaient belle et bien présente dans les religions polythéistes. Bien que polythéistes, il existait tout de même un culte unique en vers une Déesse mère dans certaines villes comme Ephèse*. Certains trouveront abusif d’affirmer que c’est déjà une forme de monothéisme pour le coup envers une déesse mère. En effet certains diront que choisir de vouer un culte en une seule divinité ne veut pas forcément dire qu’on nie les autres. Or cette seconde condition est nécessaire pour parler à proprement parlé de monothéisme. J’objecterais pour ma part que c’est déjà un premier pas.

Maintenant vous vous demandez pourquoi je parle de religion ? En fait je fais ce détour pour aborder un point crucial qui a été trop vite écarté par Freud : le sentiment océanique. Ce concept de Romain Rolland est selon lui ce sur quoi la religion se fonde. On peut résumer le sentiment océanique comme étant le désir de ne faire qu’un avec le monde de s’y fusionner en quelque sorte. Freud quant à lui prônant l’hypothèse suivante :

Pour ce qui est des besoins religieux, la dérivation à partir du désaide infantile et de la désirance qu’il éveille pour le père ne semble pas pouvoir être écartée, d’autant plus que ce sentiment n’est pas une simple prolongation de la vie infantile, mais est conservé durablement du fait de l’angoisse devant la surpuissance du destin.
S. Freud, Malaise dans la civilisation, PUF, Coll. Quadrige, 1995. p.14

Autrement dit Freud favoriserait le complexe d’œdipe qui met en scène la puissance du père sur l’enfant (car entre autre il écarte l’enfant de la mère). Pourtant la question du maternel archaïque qui est une autre manière de formuler le sentiment océanique a son importance dans toutes nos créations et non pas seulement religieuse. Par exemple l’espace même du web où l’on est connecté au reste du monde, où l’on surf dans un océan d’informations, peut tout à fait se décrire par un sentiment océanique (surtout lorsque nous voyons toutes les métaphores maritimes utilisées sur internet). Si Google fait office de fonction paternelle, l’espace même du web qui nous englobe tous, nous internaute, qui nous offre une grande source d’abondance, peut être comparable à une imago maternelle puissante, abondante mais aussi frustrante quand notre faim n’est pas rassasiée.

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* La particularité de Ephèse vouant un culte à Diane/Artémis est d’avoir longtemps été fidèle à une Déesse même après que L’empereur Constantin ait fondé l’église romaine. D’ailleurs, Freud parle de cette particularité dans “Grande est la Diane” des Ephésien” (1911) in Résultats, idées, problèmes, I